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Louer en courte durée à Lyon en 2026 : les règles qui décident de vos revenus

Résidence principale ou secondaire, 90 nuits par an, changement d’usage, moyenne durée, copropriété, impôts : les règles lyonnaises de 2026, vérifiées aux sources officielles, et ce que chacune change pour ce que votre logement peut rapporter.

Une propriétaire feuillette son agenda à côté de son ordinateur

« Qu’est-ce que ça peut me rapporter ? » C’est la question que me posent le plus souvent les propriétaires. À Lyon, la réponse commence par les règles : ce sont elles qui décident combien de nuits vous pouvez louer, à qui, et parfois à quel prix. La loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, en a changé une bonne partie, et Lyon applique l’une des réglementations les plus strictes de France. Voici celles qui comptent en 2026, vérifiées aux sources officielles, et ce que chacune change pour vos revenus.

Résidence principale ou secondaire : la question qui décide de tout

Tout dépend d’abord du logement que vous louez. Votre résidence principale est le logement que vous occupez au moins huit mois par an. Tout autre logement, un appartement acheté pour investir, un pied-à-terre ou un bien hérité, est une résidence secondaire, et les règles n’ont alors plus rien à voir.

Votre résidence principale : 90 nuits par an au maximum

Depuis le 1er janvier 2026, vous pouvez louer votre résidence principale en meublé de tourisme jusqu’à 90 jours par an à Lyon. La loi fixe ce plafond à 120 jours, mais elle permet aux communes de l’abaisser jusqu’à 90 : c’est ce qu’a voté le conseil municipal de Lyon le 26 juin 2025.

Avant la première location, déclarez votre logement sur le site de la Ville de Lyon : vous obtenez immédiatement un numéro d’enregistrement, à afficher sur chacune de vos annonces. Les plateformes doivent retirer les annonces qui n’en ont pas.

Vous êtes locataire de votre logement ? Il vous faut l’accord écrit de votre propriétaire avant de le sous-louer. Sans cet accord, vous vous exposez à la résiliation du bail et au remboursement des sommes perçues.

Une résidence secondaire : l’autorisation de changement d’usage

C’est le point que beaucoup de propriétaires découvrent trop tard : pour une résidence secondaire, le numéro d’enregistrement ne vaut pas autorisation. Avant toute location, il faut être propriétaire du logement et obtenir de la Ville une autorisation de changement d’usage, car louer à des voyageurs de passage retire un logement à l’habitation.

Les règles, fixées par la Métropole de Lyon en 2022 et ajustées en 2023, dépendent de l’adresse et de la surface du logement :

  • Dans l’hyper-centre : toute demande doit être compensée dès le premier mètre carré, par une surface située elle aussi dans l’hyper-centre et dans le même arrondissement.
  • Hors hyper-centre, à partir de 35 m² : il faut aussi compenser dès le premier mètre carré, avec une surface au moins équivalente (à 5 % près) dans le même arrondissement.
  • Hors hyper-centre, sous 35 m² : un particulier peut obtenir, sans compensation, une autorisation personnelle de 9 ans, non renouvelable, pour un seul logement dans tout Lyon. Une société doit toujours compenser.

Compenser, c’est transformer en logements d’autres locaux, comme des bureaux ou des commerces, pour que la ville ne perde pas d’habitations. Enfin, pour toute nouvelle demande, la loi impose un diagnostic de performance énergétique (DPE) classé entre A et E, puis entre A et D à partir de 2034.

La piste que peu de propriétaires connaissent : la moyenne durée

Lyon est d’abord une ville d’affaires : selon l’office de tourisme ONLYLYON, plus de 60 % des 9,5 millions de nuitées marchandes de 2025 étaient liées au tourisme d’affaires. Et certains de ces voyageurs restent bien plus de deux nuits : une mission de plusieurs semaines, une mutation, une formation.

J’en ai accueilli : des salariés en mission et des familles, pour des séjours d’un à trois mois. Le bilan est très positif : beaucoup moins de ménages et de linge, un revenu régulier sans nuit vide, des voyageurs soigneux qui vivent le logement comme un chez-soi, et bien moins de gestion au quotidien.

Pour ces séjours, la loi a prévu un contrat sur mesure, le bail mobilité :

  • un logement meublé, loué d’un à dix mois, sans renouvellement possible ;
  • pour un locataire en mission temporaire, en mutation professionnelle, en formation professionnelle, en stage, en apprentissage, en études supérieures ou en service civique ;
  • aucun dépôt de garantie, mais une caution est possible, par exemple la garantie Visale ;
  • un locataire libre de partir à tout moment, avec un mois de préavis.

Surtout, un logement loué en bail mobilité n’est pas un meublé de tourisme. Le guide pratique du ministère le dit clairement : « Ne sont pas considérés comme meublés de tourisme les locaux faisant l’objet d’un bail d’habitation ou d’un bail “mobilité”, puisque les locataires y élisent domicile. » Il n’est donc concerné ni par le plafond des 90 nuits, ni par l’autorisation de changement d’usage, qui visent la location en meublé de tourisme.

En contrepartie, le loyer est encadré à Lyon et à Villeurbanne : il ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré de votre secteur, publié sur le site de la Métropole de Lyon. Cet encadrement s’applique au moins jusqu’à fin novembre 2026, et sa prolongation est en cours d’examen au Parlement.

Côté impôts, un bail mobilité relève de la location meublée classique : en micro-BIC, l’abattement est de 50 %, jusqu’à 83 600 € de recettes pour les revenus de 2026, contre 30 % jusqu’à 15 000 € pour un meublé de tourisme non classé.

Attention : la moyenne durée n’est pas un moyen de contourner les règles. Un séjour de quelques nuits, même réservé par une entreprise, relève en principe des règles du meublé de tourisme.

Le numéro d’enregistrement bientôt national

La loi Le Meur étend le numéro d’enregistrement à toute la France, avec un téléservice national dont l’ouverture est prévue au quatrième trimestre 2026. D’ici là, à Lyon, la déclaration sur le site de la Ville reste obligatoire. Une fois le service national ouvert, les numéros déjà délivrés devront y être renouvelés dans un délai de quelques mois.

Les plateformes, de leur côté, transmettent leurs données d’activité à un guichet national : les contrôles sont plus simples qu’avant.

En copropriété : relire le règlement, prévenir le syndic

Avant de louer, relisez le règlement de copropriété : une clause d’« habitation exclusivement bourgeoise » peut interdire la location touristique. Depuis la loi de novembre 2024, les nouveaux règlements doivent dire clairement si les meublés de tourisme sont autorisés.

L’assemblée générale peut aussi voter leur interdiction, à la majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix. Mais seulement dans les immeubles dont le règlement interdit déjà toute activité commerciale dans les logements, et seulement pour les logements qui ne sont pas des résidences principales. Le Conseil constitutionnel a validé cette règle en mars 2026.

Une fois votre numéro obtenu, vous devez le communiquer au syndic, qui en informe les copropriétaires lors de la prochaine assemblée générale.

Les impôts : ce que la loi Le Meur a changé

Les revenus d’une location courte durée se déclarent à l’impôt sur le revenu, après une inscription gratuite au répertoire Sirène, qui vous donne un numéro SIRET. Avec le régime micro-BIC, l’administration retire de vos recettes un abattement forfaitaire pour vos frais :

  • Meublé de tourisme non classé : 30 % d’abattement, jusqu’à 15 000 € de recettes par an.
  • Meublé de tourisme classé (de 1 à 5 étoiles) : 50 % d’abattement, jusqu’à 77 700 € de recettes pour les revenus de 2025 et 83 600 € pour ceux de 2026.

Au-delà de ces montants, il faut passer au régime réel. Et au-delà de 23 000 € de recettes par an, des cotisations sociales s’ajoutent aux prélèvements sociaux. Le classement, facultatif et valable cinq ans, devient donc un vrai levier : il change à la fois l’abattement et le plafond.

Reste la taxe de séjour, payée par vos voyageurs. Les plateformes qui encaissent le paiement, comme Airbnb, la collectent et la reversent pour vous. Si vous louez en direct, c’est à vous de la collecter et de la déclarer à la Métropole de Lyon.

Et si l’on ne respecte pas les règles ?

Les contrôles se sont renforcés, et les amendes avec. Louer sans numéro d’enregistrement ou dépasser les 90 jours expose à des amendes civiles de plusieurs milliers d’euros. Louer une résidence secondaire sans autorisation de changement d’usage peut coûter jusqu’à 100 000 € par logement, avec une astreinte jusqu’à la régularisation.

La loi vise aussi toute personne qui prête son concours à un changement d’usage irrégulier, payée ou non, les plateformes mises à part : elle risque elle aussi jusqu’à 100 000 € par logement. Une conciergerie sérieuse vérifie donc le numéro d’enregistrement et, pour une résidence secondaire, l’autorisation de changement d’usage avant d’accepter un logement.

Se faire accompagner

Ces règles évoluent vite, et chaque logement est un cas particulier. Si vous hésitez sur votre situation, écrivez-moi : je regarde avec vous ce qui s’applique à votre logement, en courte comme en moyenne durée. Pour savoir ce qu’il peut rapporter, l’estimation de vos revenus est offerte, et l’article Combien rapporte un logement en courte durée à Lyon ? détaille le calcul.

Sources

Article mis à jour le 18 octobre 2026. Les règles pouvant évoluer, vérifiez toujours votre situation auprès de la Ville de Lyon avant de louer.

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